Le mot du président.

Chers internautes, Chères pêcheuses, Chers pêcheurs,

Voilà enfin que le nouveau site de la F.G.S.P voit le jour. Il est à ses premiers balbutiements et il est destiné à un avenir chargé d’émotions et de travail. L’ancien site très riche en informations est toujours à votre disposition sous le volet « Historique ».
Malgré un effort de rempoissonnement étalé sur l’année, les rivières ont de la peine à satisfaire la pêche amateur à Genève. Elle est malheureusement devenue  pauvre et triste à pratiquer dans les eaux de notre canton. La réglementation toujours plus compliquée, constituée à coups de nouvelles interdictions et de décrets d’urgences, fait que ce n’est plus un loisir mais un vrai parcours du combattant, tant elle réduit encore plus chaque année la pratique de la pêche amateur en rivières.
J’ai commencé à pêcher à l’âge de 5 ans avec mon père et mon grand-père. Il y a donc 52 ans que je la pratique et l’expérimente. Que le temps passe vite ! Durant toutes ces années j’ai pu voir défiler toutes sortes d’interdictions, qui, pour la plus part d’entre elles, sinon toutes, se sont avérées peu efficaces et toujours plus contraignantes pour le pêcheur. La preuve en est que la pêche va toujours de plus en plus mal et le pêcheur, qui soit dit en passant est la dernière sentinelle de nos cours d’eaux, constate qu’il paye un très lourd tribut pour exercer son loisir. A l’époque il y avait beaucoup plus de pêcheurs et une abondance de poissons de toutes espèces. A l’heure actuelle, de moins en moins de pêcheurs et pêcheuses y trouvent un intérêt car les espèces et l’abondance des poissons sont en forte régression. Je suis conscient que nous ne reviendrons plus à cette époque, mais aussi que nous ne devons pas baisser les bras et rester optimistes en continuant à nous battre pour retrouver des rivières saines et  poissonneuses.
L’Etat ne doit pas se tromper de cible et le pêcheur ne doit pas être culpabilisé, car ce sont surtout les problèmes de société qui anéantissent nos plans d’eaux, nos rivières et nos poissons. Le pêcheur n’est qu’un tout petit prédateur, qui plus est le dernier de la liste puisque tous les autres prédateurs se servent avant lui. Cependant, contrairement aux autres prédateurs, le pêcheur agi dans l’intérêt des espèces piscicoles et tente de les protéger, notamment en mettant en œuvre des solutions leurs permettant de se reproduire pour assurer le maintien des espèces. Cela passe donc par la création et le maintien d’habitats adéquats, par un repeuplement circonstancié et principalement par la lutte contre les pollutions. La pollution n’est pas la panacée du canton de Genève mais plutôt un problème planétaire. Plusieurs problèmes déciment nos poissons :

 

  1. Les pollutions de tous genres et surtout les pollutions de micropolluants et médicamenteuses.
  2. Le manque de pluviométrie, le recul de nos glaciers, voir ceux qui disparaissent. Les pompages sauvages et les pompages autorisés des nappes souterraines. Les prises d’eau directement aux sources dans notre bassin versant, comme le pratiquent nos voisins français et vaudois, alors qu’il suffirait de se servir dans le plus grand bassin d’eau douce d’Europe qu’est le Lac Léman. Les fédérations et les APP Françaises luttent contre ce fléau qui leur pose d’énormes problèmes hydrauliques.Le manque d’eau dans nos cours d’eaux est synonyme de perte irréversible d’habitat pour la faune, la macrofaune et la flore piscicole.
  3. La poussée démographique de nos villes, le bétonnage à outrance et toujours plus de routes qui détruisent nos campagnes.
  4. L’agriculture avec ses engrais et ses pesticides, dont nous ne maîtrisons pas les effets diffus. Un gros effort a été consenti pour diminuer l’impact de leur pollution par une meilleure gestion des produits, mais il y a encore beaucoup de travail à accomplir dans cette direction.
  5. Les barrages qui empêchent la libre migration des poissons et le charriage naturel des graviers ainsi que d’autres sédiments vers l’aval. Ces derniers ont été sommés par force de loi de construire des passes à poissons, pour assurer la libre migration des espèces, ainsi que de mettre en œuvre des mesures de compensations lors de l’obtention du renouvellement de leurs concessions qui leur permettent de produire de l’électricité. Ils ont rechigné à la tâche et ont retardé de plusieurs années l’exécution de leurs obligations sous divers prétextes. Puis, de bonne grâce, ils ont du s’y résoudre et maintenant, ils utilisent la publicité de ces ouvrages et mesures de compensations pour se donner une bonne image vis-à-vis de la population.  (Le label vert).
  6. Enfin le dernier verrou à sauté la passe à poissons de Chancy-Pougny à été inaugurée le 8 novembre 2012 les poissons pourront à nouveau migrer depuis la retenue de Génissiat au lac Léman. Bravo ! Il reste encore un point noir à régler la passe à poissons du Seujet.
  7. Les cormorans qui en grand nombre ont colonisé nos contrées et mettent à mal tout le travail accompli pour le repeuplement et la protection des poissons de nos cours d’eaux. Il faut impérativement  mettre en œuvre une gestion qui permette de rééquilibrer les rapports de ces prédateurs avec les possibilités de subsistance qu’offrent les poissons de nos cours d’eaux et de nos lacs.

 


Je suis persuadé que tout pêcheur respectueux de son loisir ou sport qu’est la pêche amateur est déjà bien informé de tout ce que je viens de citer ci-dessus. Malgré tout, je reste confiant et optimiste pour le futur, car l’eau devient déjà de l’or blanc et l’homme sera obligé de préserver cet élément, c’est une question de survie. Les stations d’épurations vont êtres obligées d’être encore plus performantes. Des lois vont être faites pour interdire les produits nocifs pour l’homme et à la planète. Nous pouvons donc espérer qu’à l’avenir il y aura à nouveau des rivières saines et qui sait, … poissonneuses. A Genève plusieurs rivières ont été revitalisées et leurs cours ont été libérés de leurs carcans de béton et rendues à leur état presque naturel. Les choses évoluent tranquillement car le nerf de guerre c’est l’argent. 
Nos utilisateurs de la force hydraulique, un mal nécessaire à Genève, ont le mérite de garder le dialogue ouvert avec les pêcheurs et différentes entités telle que protection de la nature, l’Etat, les riverains et les communes. Personnellement, si je dois choisir entre une centrale nucléaire ou un barrage hydraulique, mon opinion est vite faite, sa sera une centrale hydraulique. Par contre le dialogue constructif doit toujours rester ouvert pour toutes les parties afin de trouver ensemble le meilleur compromis.
Je constate malheureusement une érosion de nos membres actifs, comme dans toutes les sociétés bénévoles. Je souhaite que les pêcheurs qui ont envie d’apporter des changements à leur loisir préféré, investissent un peu de leur temps dans une société de pêche locale pour pérenniser la pêche à Genève et pour permettre aux générations futures de pouvoir aussi vivre et ressentir les plaisirs qu’elle procure. Je pense qu’il faut arrêter de compliquer le règlement de pêche par des interdictions, simplifions-le ! La vie de tous les jours est déjà assez compliquée sans encore rendre notre loisir plus inaccessible et pauvre en satisfactions, donc bientôt sans intérêt. La pêche doit rester démocratique, populaire et à la portée de tous. Elle ne doit pas devenir une activité élitiste. Il ne faut pas perdre de vue que la pêche est aussi un atout social dans notre canton. Je pense qu’il vaudrait mieux pêcher et manger nos poissons plutôt que d’acheter des poissons en grandes surfaces, provenant d’autres horizons et le pillage des dernières ressources de nos océans. Poissons, qui entre nous soit dit, contribuent à augmenter la pollution par leur transport sur de longues distances par mer, par terre et par air. Il est bien évident que nos rivières et lacs ne pourront jamais assurer la fourniture en poissons nécessaire à nos populations, mais donnons-nous les moyens de rendre à nouveau la pêche attractive et contribuer ainsi à faire des pêcheurs heureux le long de nos cours d’eaux genevois tout en épargnant la planète.
Je tiens à remercier toutes les sociétés de pêche de Genève qui accomplissent un travail remarquable pour la sauvegarde et la promotion de notre loisir. Je remercie tout particulièrement le président Christophe Ebener de l’A.G.S.P. pour sa collaboration importante avec notre Fédération et à l’accomplissement d’une charte sur les actions communes. Je remercie aussi la société « Les Tanneurs », son comité et son Président  qui perpétuent la promotion de la pêche à Genève par leur travail soutenu auprès des pêcheurs.

Bien je vais m’arrêter là car il y aurait tellement à dire encore. En attendant je vous souhaite à toutes et à tous pour cette nouvelle année, santé et bonheur à vous et à vos proches.

Romand Daniel
Président de la FGSP

Genève, le 10 janvier 2013